tél : 06 03 87 54 53

Fusil MAS 36

Fusil modèle 1936 adopté par l’armée française

Le fusil MAS 36, adopté par l’armée française en 1936, a remplacé les modèles Lebel 1886/93 et Berthier 07/15. Conçu et fabriqué par la Manufacture d’armes de Saint-Étienne, il est rapidement devenu l’armement standard des troupes françaises.

Contexte et développement

Après la Première Guerre mondiale, la cartouche de 8 mm Lebel est jugée obsolète. En 1924, l’armée adopte une nouvelle cartouche, initiant un programme d’armement visant à développer un fusil-mitrailleur succédant au Chauchat CSRG 1915. Cependant, en raison des coûts élevés, l’armée opte pour la transformation des fusils existants. Cette conversion s’avère complexe et coûteuse, retardant l’introduction d’une arme moderne jusqu’en 1936.

Caractéristiques techniques

Le MAS 36 est un fusil à verrou rotatif, alimenté par un chargeur interne de cinq cartouches, chargé à l’aide de clips-chargeurs. Sa conception simplifiée comprend une culasse à deux tenons de verrouillage et une baïonnette cruciforme de type Lebel, logée dans le garde-main. Notablement, il ne possède pas de système de sûreté, conformément à la doctrine française de l’époque.

Versions et dérivés

Plusieurs versions du MAS 36 ont été développées :

  • MAS 36 CR 39 : Doté d’une crosse repliable en métal, adopté en 1939 par les chasseurs alpins et les groupes d’infanterie de l’air.

  • MAS 36 LG 48 : Version équipée d’un canon renforcé et d’une alidade de visée pour le tir de grenades à fusil, adoptée en 1948.

  • MAS 36/51 : Modèle doté d’un canon modifié pour le lancement de grenades à empennage de 22 mm, utilisé pour le tir antipersonnel et antichar.

Utilisation et diffusion

Le MAS 36 a été largement utilisé par l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment lors de la bataille de France en 1940, avec environ 250 000 unités disponibles. Après la guerre, sa production s’intensifie, avec environ 1,1 million d’exemplaires fabriqués jusqu’en 1952. Il équipe les forces françaises durant la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. De plus, il a été adopté par de nombreuses anciennes colonies françaises en Afrique, notamment l’Algérie, le Maroc, le Sénégal et le Cameroun. Il a également été fourni aux supplétifs levés au Cambodge, Laos et dans l’État du Viêt Nam lors de la guerre d’Indochine, se retrouvant ainsi aux mains du Viêt Minh.

Caractéristiques supplémentaires

Le MAS 36 est réputé pour sa robustesse et sa fiabilité. Sa conception facilite l’entretien et le démontage, avec une culasse composée de cinq éléments démontables. Sa crosse relativement courte et sa poignée épaisse le rendent adapté aux besoins de l’époque. Les derniers descendants du système MAS 36 sont les fusils réglementaires de précision FRF1 et FRF2 pour tireurs d’élite, qui conservent des pièces compatibles avec le MAS 36, notamment la culasse malgré son levier redessiné, ou la crosse interchangeable.

En somme, le MAS 36 a joué un rôle crucial dans l’histoire militaire française, témoignant de l’ingéniosité et de l’adaptabilité de l’industrie armurière française au cours du XXᵉ siècle.